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Taxe foncière : la facture a presque doublé en vingt ans, ce qui change en 2026

Selon l’Union nationale des propriétaires immobiliers, la taxe foncière a progressé de 93 % depuis 2005, deux fois et demie plus vite que les prix. Une étude de Maslow.immo mesure une hausse de 18,6 % en quatre ans dans les communes les plus peuplées des zones tendues. Cette année, la revalorisation des bases est faible, et des exonérations restent souvent méconnues.
 

La taxe foncière devait être réglée le 15 octobre, mais les propriétaires qui paient en ligne, ce qui est obligatoire au-delà de 300 euros, ont jusqu’au mardi 20 octobre. La facture n’a cessé de grossir. D’après le dernier Observatoire des taxes foncières de l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI), révélé par Le Parisien, elle a augmenté de 93,4 % entre 2005 et 2025, hors taxe d’enlèvement des ordures ménagères, qui figure sur le même avis et s’y ajoute, quand les prix à la consommation progressaient de 36,8 %. « Son montant a ainsi quasiment doublé en vingt ans », résume Sylvain Grataloup, président de l’UNPI. À Paris, la hausse atteint 261,2 %, portée par « l’explosion de plus de 50 % du taux communal votée par la ville en 2023 », note Frédéric Zumbiehl, juriste de l’organisation et auteur de l’étude. Elle dépasse 100 % à Metz et à Marseille.
 

Sur une période plus courte, le site immobilier Maslow.immo a passé au crible les 200 communes les plus peuplées des zones tendues A bis, A et B1. Entre 2021 et 2025, l’effet combiné des taux votés et de la revalorisation des bases y a fait grimper la taxe de 18,6 % en valeur médiane, avec peu d’écart d’une zone à l’autre : 17,6 % en zone A bis, la plus tendue, autour de Paris, 19,1 % en zone A et 18,2 % en zone B1. Les prix des appartements, eux, ont divergé, en baisse de 8,9 % en zone A bis et en hausse de 7,6 % en zone B1. Dans le même temps, les ventes de logements reculaient de 9,4 % par an. Maslow.immo en tire un indice d’attractivité, qui ne tient pas encore compte des taux de 2026. Brive-la-Gaillarde arrive en tête du classement général. Parmi les villes de plus de 100 000 habitants, Caen (85,8 sur 100), Rennes (85,3) et Besançon (84,9) devancent largement Paris (10,1) et Grenoble (6,2). « Ce n’est pas la fiscalité qui a redessiné la carte, c’est le marché », estime Pierre-Emmanuel Jus, son directeur délégué.
 

Des bases revalorisées de 14 % en quatre ans
 

La taxe foncière dépend de deux paramètres : la valeur locative cadastrale du logement, que l’État revalorise chaque année, et le taux voté par la commune. La revalorisation suit l’indice des prix à la consommation harmonisé mesuré de novembre à novembre. Elle a atteint 7,1 % en 2023, 3,9 % en 2024 et 1,7 % en 2025. En 2026, elle tombe à 0,8 %. Cumulées, ces hausses portent les bases à 14 % au-dessus de leur niveau de 2022, sans aucune décision locale.
 

Les communes, elles, ont peu bougé cette année. Parmi les cent plus peuplées, six ont relevé leur taux, quatre-vingt-douze l’ont maintenu et deux l’ont baissé, dont Nice, d’après les données de la direction générale des finances publiques (DGFiP). Ailleurs, certaines hausses sont brutales : à Biganos, en Gironde, le taux est passé de 24,98 % à 34,98 %. La mise à jour des « éléments de confort » (eau courante, électricité, chauffage central, toilettes, lavabos, douches) dans les fichiers du fisc, annoncée en 2025 pour 7,4 millions de logements avec une hausse moyenne de 63 euros, a été suspendue. Elle relève maintenant de chaque commune, qui devait délibérer avant fin septembre pour une application en 2027. « Rien ne sera imposé aux élus locaux », avait promis Maud Bregeon, alors porte-parole du gouvernement.
 

Exonérations et recours, ce que prévoit la loi
 

Plusieurs cas ouvrent droit à un allègement, sous conditions de revenus. Les propriétaires de plus de 75 ans et les bénéficiaires de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) sont exonérés si leur revenu fiscal de référence ne dépasse pas 12 793 euros pour une part. Les bénéficiaires de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) le sont aussi. Entre 65 et 75 ans, sous le même plafond, un dégrèvement de 100 euros s’applique. Un contribuable dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas 30 083 euros pour une part, et qui n’est pas redevable de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), peut aussi demander que la taxe sur sa résidence principale soit plafonnée à 50 % de ses revenus.
 

Le propriétaire qui oublie un allègement ou conteste le montant de sa taxe de 2026 a jusqu’au 31 décembre 2027 pour déposer une réclamation, depuis son espace en ligne sur impots.gouv.fr. La démarche peut aussi viser la valeur locative elle-même, si la surface ou les équipements déclarés ne correspondent plus au logement. Un bailleur peut, de son côté, récupérer la taxe d’enlèvement des ordures ménagères auprès de son locataire et déduire la taxe foncière de ses revenus fonciers s’il est imposé au régime réel.